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CORNUT-GENTILLE, Pierre
L' Honneur perdu de Marie de Morell: l'affaire La Roncière 1834-1835
Le 29 juin 1835 comparaît devant la cour d'assises de Paris lin lieutenant de trente et un ans à la triste réputation, Emile de La Roncière. Il est accusé de tentative de viol et de coups et blessures sur une jeune personne de seize ans. Marie de Morell. Si cette audience met en transe le Tout-Paris, c'est que chacun des deux jeunes sens a pour père un général de haute renommée, appartenant a la noblesse et lié aux milieux gouvernementaux. C'est aussi parce qu'ils sont détendus par trois des plus grands avocats du siècle : Berryer, Barrot et Chaix d'Est-Ange. C'est surtout en raison des circonstances inouïes qui ont amené La Roncière devant ses juges. C'est à Saumur, où le général de Morell commande l'école de cavalerie, que s'est déroulé le drame :
lettres extravagantes et injurieuses abreuvent la famille de Morell, alors que la vie de province déploie ses pauvres Castes et son vertigineux ennui sur les bords de Loire. Puis survient, nuitamment, ce qui apparaîtra comme une tentative de viol sur la personne de la ravissante Marie, incarnation de l'innocence outragée. Tout, dans ces odieuses transgressions de l'ordre et de la morale, accable le lieutenant de La Roncière. N'a-t-il pas des dettes, des maîtresses et mauvais caractère ? A y regarder de plus près, a observer notamment l'écriture des lettres anonymes, il n'est pas sûr que les Morell soient au-dessus de tout soupçon, et en particulier Marie...
Cette affaire ténébreuse et rocambolesque, ce scandale monumenlal, le procès et le verdict discutables qui tentèrent de le clore sont lidèlement et admirablement racontés par Pierre Cornut-Gentille, avocat au barreau de Paris.

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